Aller au contenu principal
Fermer

Chantage à la sextape: l'ex-maire de Saint-Etienne redit son innocence à son procès en appel
information fournie par AFP 08/06/2026 à 19:50

Gaël Perdriau arrive à la cour d'appel de Lyon, le 8 juin 2026 ( AFP / JEFF PACHOUD )

Gaël Perdriau arrive à la cour d'appel de Lyon, le 8 juin 2026 ( AFP / JEFF PACHOUD )

Après un passage en prison et privé de son mandat de maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau a de nouveau protesté de sa "totale innocence" lundi au premier jour de son procès en appel pour chantage à la sextape sur son ex-premier adjoint.

"Je ne suis à l'initiative de rien" dans cette affaire, a lancé à la presse l'ancien édile de 53 ans dans la salle des pas perdus de la cour d'appel du Rhône à Lyon.

Ce piège ? "Il me l'a commandité à moi", a rétorqué aux journalistes son principal accusateur, Gilles Rossary-Lenglet, celui qui a révélé le "kompromat" à Médiapart en 2022.

Avant même d'entrer dans la salle d'audience pour cinq jours de procès, le ton est donné.

"Beaucoup d'éléments nouveaux vont pouvoir être révélés, qui démontrent que je dis la vérité depuis le début", a finalement promis l'ex-maire.

Le 1er décembre, Gaël Perdriau a été déclaré coupable de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics, des faits "d'une extrême gravité" pour des élus "ignorants de leurs devoirs de dignité et d'exemplarité", selon le tribunal correctionnel de Lyon.

Il a été condamné à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d'inéligibilité, avec exécution provisoire, ce qui lui a valu de passer deux mois derrière les barreaux cet hiver.

Seul à se dire innocent

Son ancien directeur de cabinet Pierre Gauttieri, qui avait écopé de deux ans de prison ferme, n'a pas fait appel, reconnaissant avoir co-organisé ce complot "sordide", à la demande du maire.

Gaël Perdriau, droit dans son costume bleu nuit, a retrouvé dans le box deux co-prévenus qui ont mis en oeuvre le traquenard: l'ex-adjoint à l'Education Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet, son compagnon d'alors.

A l'ouverture de l'audience, leurs avocats ont annoncé qu'ils se désistaient de leur appel concernant leur culpabilité, espérant simplement que la cour se penchera sur leurs peines pour les amoindrir. Ils avaient reçu chacun trois ans de prison ferme.

Désormais, seul Gaël Perdriau continue de se dire innocent.

Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet ont piégé l'ancien premier adjoint Gilles Artigues en le filmant à son insu en 2015 dans une chambre d'hôtel parisien avec un jeune prostitué qu'ils avaient recruté.

Une vidéo utilisée les années suivantes pour museler l'ancien député UDI, soupçonné de vouloir prendre ses distances après avoir contribué à l'élection du LR Gaël Perdriau à la mairie en 2014 grâce à une alliance entre leurs deux partis.

Lors de l'instruction et du premier procès, Gilles Rossary-Lenglet et Pierre Gauttieri ont assuré que le maire était le commanditaire de ce film, dont les auteurs ont été rémunérés via le détournement de subventions à des associations stéphanoises.

"Nouvelle épreuve"

"Angoissé", "fatigué" de devoir endurer cette "nouvelle épreuve", Gilles Artigues a espéré, dans une interview à la radio Ici Saint-Etienne, "un sursaut" de la part de l'ancien maire. Il est arrivé main dans la main avec son épouse au procès, manifestement détendu aux côtés de deux de ses filles.

Gaël Perdriau "attend la vérité, à laquelle ne correspond pas le jugement de première instance, une erreur judiciaire", a assené son conseil Me Jean-Félix Luciani à l'AFP.

Ses confrères et lui ont défendu une requête en nullité du premier procès au motif qu'"aucun des éléments soulevés par la défense n'ont été évoqués" dans les 104 pages du jugement, qu'ils estiment "insuffisamment motivé" et bafouant, selon eux, les droits de la défense.

Gaël Perdriau a reconnu avoir été informé de l'existence d'une vidéo dès 2015, mais affirme ne l'avoir jamais visionnée et s'en être toujours "désintéressé", pensant qu'il s'agissait de "jeux" entre "adultes consentants".

Gaël Perdriau à son arrivée au tribunal à Lyon, le 8 juin 2026 ( AFP / JEFF PACHOUD )

Gaël Perdriau à son arrivée au tribunal à Lyon, le 8 juin 2026 ( AFP / JEFF PACHOUD )

Un scénario qui sera ardu à faire accréditer: dans des enregistrements audio de Gaël Perdriau réalisés à son insu par Gilles Artigues en 2018, il mentionne une vidéo "où on voit ce qu'il y a à voir" et ajoute: "une fois que c'est sur les réseaux sociaux, c'est plus du chantage (...), c'est une exécution".

"C'était une réaction dans un accès de colère" et Gaël Perdriau, exaspéré par des "rumeurs" qu'aurait fait circuler Gilles Artigues sur lui selon sa défense, a simplement utilisé l'existence d'une vidéo dont il avait eu connaissance en extrapolant sur son contenu qu'il n'avait pas vu, assure-t-il.

"Une menace peut-être, mais en aucun cas du chantage", assure Me Luciani, qui espère au moins une requalification dans ce sens.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires